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Patrimoine culturel et historique

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Sur le chemin des invasions, bordés par une frontière longtemps mouvante, les édifices religieux du Val de Sambre n’ont pas été épargnés par l’Histoire.
 

Il reste pourtant dans les villages des monuments vieux de cinq siècles.C’est le cas à Marpent, où il faut pousser les portes de l’église pour découvrir la plus vieille statue de la vierge du département, sculptée dans du buis au XIIIe siècle. Autre curiosité, Saint-Géry, à Bachant, et son pittoresque clocher de guingois, qui remonte au XVIe siècle.

À Jeumont, Saint-Martin a été érigée… en 1789, une date étonnante pour un édifice religieux. Au hameau d’Ostergnies, sur la commune de Colleret, on s’attardera devant l’adorable chapelle Saint-Géry pour admirer les curieuses pierres ovoïdes d’origines inconnues, et objets de bien des interprétations, dont on trouve un autre exemple à Recquignies. Recquignies, justement, qui possède une chapelle remarquable, au hameau de Rocq. Toute en pierre bleue elle fait immanquablement penser aux églises bretonnes.

 

À Obrechies, on ne manquera pas de découvrir l’intérieur de Saint-Martin, dont la charpente est classée par les Monuments historiques. A Neuf-Mesnil, l’église Saint-Nicolas remonte pour sa part au XIIe siècle. Elle recèle de superbes fonts baptismaux et un ostensoir du XVIIIe siècle, classé aux Monuments historiques.

 

Il est aussi des édifices religieux atypiques qui font la fierté de la région. A Boussois, l’église a été construite par les ouvriers de l’usine des Glaces, dans l’entre-deux guerre. Ce sont eux qui ont décoré l’intérieur de pâtes de verre remarquable. À Sous-le-Bois, le grand quartier populaire de Maubeuge, Notre-Dame de l’Assomption est elle aussi un témoignage exceptionnel de l’art du XIXe siècle. A l’intérieur, le visiteur découvrira une charpente métallique et des colonnes en fonte. Ce sont les ouvriers métallurgistes du quartier qui ont construit l’église de leurs mains, dans leurs usines. C’est un exemple unique dans la région.

 

Enfin, il faut porter un regard particulier sur l’église Saint-Pierre Saint-Paul de Maubeuge, qui a soufflé ses cinquante bougies en 2005. Edifice en béton armé, né sous la plume conjointe de André Lurçat et Henri Lafitte, elle est typique de l’architecture des années cinquante, que les yeux contemporains commencent à peine à appréhender dans toute ses dimensions. Très vaste, l’église peut abriter mille personnes. Son clocher s’élève à 43 mètres de hauteur, à gauche de l’édifice. A l’intérieur, le trésor de Sainte-Aldegonde fait aujourd’hui l’objet d’une mise en valeur, tout comme l’église, classée à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, en cours de restauration.

 

 

Vauban et Séré de Rivière

 

 

Maubeuge conserve aujourd’hui encore une grande partie des fortifications érigées par Vauban à la demande de Louis XIV entre 1679 et 1685. Six ans seulement pour réaliser ce que Vauban considérait lui-même comme sa plus belle réalisation, qui s’étend sur 56 hectares. La place forte de Maubeuge appartient alors au fameux « pré carré », cette ligne de défense qui, du littoral aux Ardennes, forme un verrou au nord du royaume. Maubeuge fait partie du premier système mis au point par Vauban, système de fortifications rasantes.

 

 

D’impressionnantes murailles d’une dizaine de mètres de haut sont flanquées de sept bastions. Devant, une ceinture de demi-lunes, cernées de fossés, oppose une seconde ligne défensive. La ville elle-même est accessible par deux portes, l’une au nord, l’autre au sud. Seule la porte de Mons subsiste aujourd’hui, superbe monument qui abrite la maison folies et l’office de tourisme. Les remparts ont été remarquablement sauvegardés et sont le lieu de chantiers de réhabilitation quasi-permanents. On peut s’y promener, pêcher dans les étangs, au pied des murailles, et bien sûr se cultiver, notamment en allant au musée du corps de garde, où l’on comprendra parfaitement l’ensemble du dispositif.

 

 

L’autre grande période de construction de défense du Val de Sambre se situe après la guerre de 1870. Redoutant de nouvelles percées ennemies, la France confie au général Séré de Rivière le soin de construire un rideau défensif de 166 forts, du Nord aux Pyrénées. Dans le Val de Sambre, le souci est de préserver la place militaire de Maubeuge. Séré de Rivière l’entoure de six forts, de Boussois à Cerfontaine en passant par Feignies. Six ouvrages de moindre importance sont également élevés, dont un à la Salmagne, notamment, qui sera renforcé par Maginot et qui est ouvert à la visite mardi et samedi et un dimanche par mois d’avril à octobre.

 

 

Le meilleur témoignage de cette époque se trouve à Feignies, au Fort de Leveau, restauré patiemment par une association, soutenue par la ville et l’Agglomération de Maubeuge – Val-de-Sambre. Le site s’étend sur dix hectares. On visite de très nombreuses salles restaurées par les bénévoles, qui proposent des reconstitutions scénographiées de la vie du fort, bombardé en septembre 1914, mais dont la résistance a permis de ralentir les armées allemandes qui fonçaient sur la Marne.