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La méthanisation, c’est quoi ?

La méthanisation est un processus par lequel les matières organiques sont dégradées, digérées par des micro-organismes en milieu clos et sans contact avec l’oxygène. Cette opération produit une source d’énergie appelée « biogaz » et un matériau organique riche, le digestat.

Le biogaz est un mélange gazeux qui peut être utilisé pour produire de l’électricité, du chauffage ou encore un carburant pour des véhicules équipés en conséquence. Quant au digestat, il peut être utilisé comme fertilisant organique et épandu sur les terres agricoles.

Ce phénomène n’est pas nouveau, il se produit d’ailleurs naturellement, au sein de marais par exemple. Mis en œuvre par l’homme, il se déroule dans des cuves hermétiques (afin de garantir l’absence d’oxygène) appelées « digesteurs ».

Les matières organiques concernées

Les éléments organiques à l’origine du processus de méthanisation sont des déchets issus de nos activités :

  • L’agriculture : effluents des élevages laitiers ou viande, résidus de récolte…
  • L’agro-industrie : laiteries, fromageries, brasserie…
  • D’autres activités humaines : boues produites par les stations d’épuration, déchets verts (tonte de gazon, feuilles mortes), déchets alimentaires des ménages, de la restauration…

La valorisation

La valorisation énergétique

Le processus de méthanisation est à l’origine de la production de biogaz. Trois modes de valorisation principaux existent :

  • La cogénération : au sein d’un même moteur, le biogaz génère d’une part de l’électricité et d’autre part de la chaleur. L’électricité est redistribuée sur le réseau électrique, la chaleur est injectée dans le réseau urbain ou utilisée par une activité industrielle proche.
  • La transformation en gaz de ville : après avoir été épuré, le biogaz, devenu « biométhane », rejoint le réseau de distribution de gaz de la ville.
  • La production de carburant : suite à un traitement particulier (épuration, compression), le biogaz est transformé en Gaz Naturel pour Véhicules (GNV). Il devient ainsi un carburant alternatif aux énergies fossiles pour les véhicules équipés.

La valorisation matière

Par ailleurs, la teneur en minéraux fertilisants du digestat étant connue et maîtrisée, il est possible de l’épandre et ainsi de limiter les pollutions diffuses et nuisances dues aux engrais chimiques ou aux matières brutes (fumier, par exemple). L’utilisation de ce produit de la méthanisation, selon un plan d’épandage encadré par les services de l’Etat, peut avoir un impact positif sur la qualité des eaux souterraines et des cours d’eau.

En bref, la méthanisation des déchets organiques permet :

  • Une double valorisation, en énergie et en matière
  • Une diminution de la quantité de déchets à traiter par les autres filières
  • Une diminution des gaz à effets de serre car elle se substitue à l’usage d’énergies fossiles ou d’engrais chimiques

 

La méthanisation en France

La France, avec près de 500 installations, se situe encore loin derrière ses voisins allemands (9 000 installations) et italiens (1 200 installations).

Afin de multiplier le nombre d’installations, de réduire les volumes de déchets organiques et de s’inscrire dans une démarche de respect de l’équilibre de la fertilisation, l’Etat s’est doté, en 2013, d’un Plan Energie Méthanisation Autonomie Azote (EMAA). Pour ce faire, il est envisagé de réaliser un millier de méthaniseurs.

En parallèle, en septembre 2014, le Ministère de l’Environnement a annoncé le lancement d’un appel à projets pour le développement massif de la méthanisation dans les territoires ruraux.

On évoque également de porter, à l’horizon 2030, à 10% la part du biométhane dans la consommation nationale de gaz naturel.